Une des causes de la désaffection dont le parti est victime est que sous les orientations et pratiques d’une mutation opportuniste ramenant tout à des campagnes de consonance racoleuse et des accords tacticiens purement électoralistes, il est apparu compromis dans cette politique politicienne.
De plus la psychose de repentance a contribué à accréditer et alimenter la compromission avec l’échec soviétique de toute l’histoire passée du Parti et de ses acquis, alors qu’il eut convenu au contraire de souligner la part de l’histoire du Parti sourcée dans celle du mouvement ouvrier et révolutionnaire français.
La situation commande de se démarquer clairement, par le discours et par les actes, de tout ce qui fait la politique politicienne, de se libérer de hypothèque opportuniste de la « mutation », et de donner à voir et partager la dimension stratégique de cette alternative, non pas par des affichages programmatoires mais en reprenant un combat identitaire offensif, qui donne du Parti une image éclaireuse et porteuse d’une perspective alternative originale, fondée sur des repères fondamentaux à ressortir des oubliettes..

2. Ressortir les fondamentaux des oubliettes ne veut pas dire revenir au passé, et ne pas revenir au passé ne veut pas dire d’en diaboliser tout le capital. Avoir un regard neuf, pour répondre aux conditions d'aujourd'hui qui ne sont plus celles d’hier, mais retrouver tout ce qui peut y être indispensable dans les fondamentaux (par exemple la priorité de l’Union à la base sur l’Union à la tête, l’idée que l’union, et le recrutement, se font dans l’action, que la démocratie ne se limite pas au bulletin de vote, que les élections se gagnent dans les luttes à longueur d’année et pas seulement dans les quelques jours de campagne, le rapport entre classe, démocratie, nation et internationalisme, l’articulation entre indépendance de parti et rassemblement, etc...(...).

3. Ces principes fondamentaux doivent être remis à l’ordre du jour ; en les adaptant aux conditions nouvelles, caractérisées par la révolution scientifique et technique, avec plusieurs conséquences essentielles :
A) le consumérisme et son rôle de nouvelle forme d’aliénation.
B) la production idéologique : a) la délégation de pouvoir (« laissez faire par ceux qui savent »), y compris la politique. b) l’idéologie de la modernité, qui implique de renier tout ce qui a pu être historiquement acquis. c) la réduction des rapports sociaux à des techniques au détriment des critères de contradictions de classe et du rôle du mouvement social.
C) un processus mondial de concentration du capitalisme qui loin de périmer la contradiction de classe, déplace le front de prolétariat contre bourgeoisie à peuples (sans pur autant périmer la place motrice de la classe ouvrière) contre capitalisme mondial