Utiliser l'argent autrement

Soyons clairs ! D’où provient l’argent des banques sinon des salaires, des pensions et des retraites ? C’est donc votre argent, l’argent des salariés que les banques ont en dépôt et qu’elles utilisent aujourd’hui pour spéculer, alimenter la dérive financière de l’économie à la base de la crise que nous vivons.
À ce titre, vous avez sans doute droit au chapitre, vous avez sans doute votre mot à dire quant à l’utilisation que font les banques de votre argent.
Peut-être souhaiteriez-vous que cet argent soit utilisé pour développer l’activité économique et sociale de votre pays, de votre localité, de votre région. Bref que votre argent, plutôt que d’engraisser les actionnaires et nourrir la spéculation, participe à la création d’emploi, au développement de productions utiles et des services publics.
Et c’est important pour lutter contre le chômage et développer l’emploi en Ile de France où des tas de PME sont en difficultés du fait de la récente récession économique et du comportement prédateur des Banques et des grands groupes donneurs d’ordre.
Les spéculateurs, les grands groupes empruntent sans problème de l’argent pour leur croissance financière contre l’emploi pour délocaliser, racheter des titres…
Ainsi les investissements français à l’étranger – le plus souvent sous la forme de rachat de titres ont atteint 109,5 Milliards d’euros durant les trois premiers trimestres 2009 !

Fonds régional pour l’emploi et la formation

Les communistes avancent une proposition qui dès le niveau régional participerait à une réorientation de l’utilisation de l’argent dont disposent les banques. Il s’agit de la mise en place d’un Fonds régional pour l’emploi et la formation.
Ce fonds serait doté d’une partie des sommes affectées par les régions «au crédit d’action et de développement économique». Il permettrait de prendre en charge tout ou partie des intérêts bancaires des emprunts consentis aux entreprises pour la sauvegarde et le développement de leur activité. Donc pas de prêt de « capital» ou de « subvention » aux entreprises comme aujourd’hui, mais une intervention portant sur les intérêts.
Avec un effet levier important que n’ont pas les distributions actuelles d’aides aux entreprises : avec 100 millions d’euros, la Région Ile de France pourrait ainsi permettre aux entreprises de lever un crédit de 2,5 milliard d’euros (hypothèse d’un taux de crédit à 4%).
Le PCF propose que la prise en charge des intérêts soit d’autant plus importante que l’entreprise programmerait d’emplois et de formation bien rémunérés.
De telles bonification d’intérêts seraient gagées sur des créations d’emplois effectifs et vérifiables.
Voilà qui serait un levier considérable pour réorienter l’action des banques vers le soutien à la production de richesses utiles. Rien à voir avec la logique de l’argent pour la pratique stérile des subventions aux entreprises, devenues monnaie courante dans les politiques régionales menées par les exécutifs socialistes!

Des droits nouveaux d'intervention

Ce Fonds serait placé sous le contrôle des salariés et des élus pour s’assurer de la finalité de l’aide accordée en fonction de sa traduction en termes d’emplois de qualité et de formation. Ainsi, saisi en amont par les salariés, ce Fonds viendrait soutenir les projets alternatifs de développement des activités et non la croissance financière.
Il serait le premier niveau d’un Fonds national pour l’emploi , doté du montant des allégements de cotisations sociales accordées inutilement aux entreprises (30 Milliards €), lui-même partie prenante d’un pôle financier public chargé de développer ce nouveau crédit et constitué à partir de la Caisse des dépôts, de la banque Postale, d’Oséo, des banques coopératives et mutualistes et de banques à nationaliser (BNP…). Loin d’être une « aide au capital », ces Fonds en pesant sur l’utilisation de l’argent, contribueraient à enclencher une autre logique que celle de la financiarisation.
Les profits des entreprises seraient utilisés pour développer l’entreprise et l’emploi.

Des Conférences régionales pour l'emploi et la formation

Les Régions pourraient créer des Conférences régionales, préfiguration de nouvelles institutions concrétisant des droits d’intervention nouveaux pour les salariés permettant aux syndicalistes, aux élus, aux représentants de la Banque de France, aux associations d’intervenir sur l’utilisation du crédit.
A partir de l’analyse des besoins, cette Conférence définirait des objectifs sociaux : création d’emplois, transformation d’emplois précaires en emplois stables, mises en formation…
Au niveau national, la constitution d’un pôle public bancaire permettrait de développer l’appropriation publique des grandes banques pour mettre l’ensemble de la création monétaire au service d’une croissance nouvelle riche en emploi, tourné vers la production de biens et de services utiles.
Idem au niveau Européen oùla BCE doit être contrôlée démocratiquement et servir l'emploi et non les spéculateurs à travers l'euro fort.
L’argent des banques doit servir l’emploi, le développement industriel, les services publics.