Ils devront s’accompagner d’un plan ambitieux de formation initiale et continue. Et ils devront aller de pair avec une revalorisation des métiers de l’éducation, qui ne peut passer que par un rattrapage des salaires. nous affirmons que l’école doit être gratuite pour être accessible à tous.
Pour assurer cette gratuité réelle, il faudra mettre en place des fonds de lutte contre les inégalités.
Tout cela coûtera cher, très cher.
La France a-telle encore les moyens d’une politique de progrès pour l’éducation, d’une politique qui ne sacrifie pas l’avenir de ses enfants ?
Notre réponse est claire : oui, la France a les moyens. Comment pourrait-on accepter que la France soit suffisamment riche pour subventionner les banques et pas pour payer son école ? Ce n’est pas en donnant toujours plus d’argent aux banques, en entretenant le cercle vicieux de la finance, que le pays sortira de la crise. c’est en mettant en œuvre une politique de formation au service de l’emploi, et d’un emploi de qualité. c’est urgent, et nous n’avons pas le choix.
Alors, comment dégager les moyens nécessaires ? Pour financer ses politiques, notamment éducatives, l’état est actuellement obligé (par la législation européenne) d’emprunter sur les marchés financiers à des taux exorbitants.
Le résultat : quand l’état dépense 60 milliards pour l’école, cela lui coûte 10 milliards de plus qui vont directement dans la poche des banquiers !
La législation européenne a donc pour conséquence que toute dépense publique s’accompagne nécessairement d’un cadeau aux banques. C’est scandaleux. rompre avec cette règle absurde permettrait immédiatement d’augmenter le budget de l’éducation nationale de 10 milliards d’euros (et de réaliser une augmentation équivalente de l’ensemble des dépenses publiques).
Il suffirait pour cela de permettre aux états d’emprunter à taux 0 auprès d’un pôle public bancaire ou de la Banque centrale européenne, à condition que ce soit pour financer des dépenses utiles à la société (dépenses liées à la formation, à l’emploi ou aux services publics).
Nous proposons donc de mettre l’argent au service des besoins sociaux.
Bien sûr, cela nécessite de rompre avec les politiques d’austérité imposées par les marchés financiers et par l’Union européenne. mais nous ne sommes sûrement pas le seul pays d’Europe à y avoir intérêt. de nouveaux partenariats européens pourraient être fondés, non plus au service de la rentabilité financière, mais au service de la formation, de l’emploi et des services publics.
Le PGE propose ainsi la création d’un fonds européen de solidarité pour l’emploi et les services publics.
En finir avec l’austérité, rompre avec le pacte euro+, créer un pôle public bancaire ou un fond européen de solidarité… Une telle politique nécessite du courage.
Mais elle est nécessaire à la transformation de l’école et de la société que nous voulons. Elle est urgente si nous voulons répondre aux besoins de la société. Sans une telle politique, aucune transformation progressiste n’est possible.
François Hollande en est le parfait exemple : après avoir proposé de revenir sur toutes les suppressions de postes dans l’éducation nationale, il explique que ces recréations seront faites au détriment des autres services publics.
Déshabiller l’hôpital pour habiller l’école ?
Cette absurdité est la conséquence de la lâcheté d’une gauche qui reste soumise aux intérêts de la finance.
Il est temps au contraire de rompre avec les politiques d’austérité, de cesser d’entretenir le système qui nous a conduit à la crise, de reprendre le pouvoir sur notre argent et de l’utiliser pour construire une école et une société fondées sur l’égalité.
De l’argent pour l’école
En 2009, les « enseignements scolaires » (le primaire et le secondaire seulement, la recherche et le supérieur étant comptés à part dans la LoLF) ont coûté 60,0 milliards d’euros (principalement les salaires enseignants) sur un budget de l’état de 287,4 milliards, soit 20,8%.
Cette somme, importante, doit être mise en regard d’autres éléments : en 2009, les intérêts de la dette de l’état représentent presque autant (48,0 milliards), soit 16,7% du budget de l’état.
Marine Roussillon
responsable du réseau école du PCF