Il ne s’agit pas là de chipotages et de bouts de ficelle.
L’ensemble des mesures de ce contre-budget porte sur trente milliards?!
C’est précisément le montant des économies que le gouvernement est censé faire dans le prochain budget. Le PS qui gouverne passe délibérément à côté d’une occasion historique, oui, on dit bien historique, de mettre en œuvre une vraie politique de gauche telle qu’elle l’appelait elle-même de ses vœux. Et, dans le même temps, une occasion de s’appuyer sur ceux qui l’ont élue et de retrouver leur confiance tout en répondant à une partie de leurs attentes.
On le sait, cette conversion qui fait que ce qui était blanc devient noir et inversement va rencontrer l’approbation de tous ceux, commentateurs, politiques et milieux patronaux, qui sommaient François Hollande et son gouvernement ?de se rendre enfin ?au «?réalisme économique?». ?Nombre d’entre eux trouveront que ce n’est pas encore assez que cette politique budgétaire, comme ils trouvent insuffisant le pacte ?de compétitivité et comme ils trouvent toujours trop pesant les acquis sociaux, ou ce qu’il en reste et qu’ils veulent faire sauter.
Ainsi, sur France Inter, pour Nicolas Beytout, ancien directeur du Figaro et ancien directeur puis PDG du groupe Les Échos, ?la dégradation par l’agence de notation Moody’s ?de la note de la France, la semaine passée, signifie qu’elle doit faire plus, et notamment en réformant ?son marché du travail comme sa protection sociale.
C’est "expert " bien sûr, puisqu’il a dirigé aussi bien le journal de Serge Dassault que le groupe de presse de Bernard Arnault?! A propos des négociations sociales à venir entre le patronat et les syndicats, notre « expert » estime ?: «?Désormais ce genre de réformes se conduira sous le regard d’un juge totalement insensible à l’opinion publique du pays et aux problèmes politiques du gouvernement. Ce juge, c’est les agences ?de notation et les marchés.?»
On ne saurait mieux dire, à cela près que, pour Nicolas Beytout, cela ne semble pas poser de problème, c’est simplement la nouvelle donne.
La démocratie, les élections, les choix politiques?? Caduques.
Le problème c’est qu’il n’est pas le seul, désormais, à le penser. C’est en effet sur les marchés que François Hollande et son gouvernement semblent dorénavant régler leur politique. Mais l’autre versant du problème c’est que ce sont les marchés qui mènent les peuples d’Europe dans le mur.
Et si on disait stop ?
Et si par les luttes, on faisait craquer le carcan de l'austérité ? Et si on matait les marchés financiers en imposant une autre utilisation de l'argent permettant de concrétiser le projet l'Humain d'abord ? Quel levier du changement, maintenant, en France et en Europe, si ceux que la gauche a élus écoutaient la gauche?!