jeudi 4 février 2010, 09:00
LA PRÉCARITÉ, PHÉNOMÈNE DÉVASTATEUR… LES JEUNES AU PREMIER PLAN

Un fait est incontestable : la précarité des jeunes, et plus particulièrement la précarité des jeunes femmes.
Alors qu’elles sont en nombre supérieur dans les Universités, dans les grandes écoles et que leur taux de réussite scolaire est supérieur à celui des jeunes hommes, elles trouvent plus difficilement un emploi une fois diplômées…et phénomène inverse et paradoxal, lorsqu’elles sont moins diplômées, elles sont reléguées dans les emplois les moins reconnus (temps partiels, missions d’intérims, contrats à durées déterminées…).
Et ce « meilleur » taux d’emploi des jeunes femmes dans les quartiers populaires sert aujourd’hui, au gouvernement, à pointer du doigt les jeunes hommes. On sous-entend ainsi leur potentiel supérieur à la « glandouille », et très facilement on sous entend leur propension plus facile à la déviance, donc à la délinquance.
Les jeunes privés d’emploi des quartiers seraient ainsi, quasiment tous des délinquants, ou comment le capitalisme trouve encore une nouvelle utilité à l’opposition des genres… On voit bien, derrière ce raisonnement, les ravages de cette précarité qui n’est plus seulement une « nécessité » du capitalisme pour garantir ses taux de profits, mais aussi un outil pour mieux humilier et diviser.
C’est comme cela que se justifie le redressement moral des « jeunes à capuche » par la vidéo surveillance et les compagnies mobiles de sécurité dans les lycées…
Les jeunes sont plus durement touchés par le chômage, par la baisse du pouvoir d’achat, par la pénurie de logements sociaux, par l’accès aux soins… par tout ce qui amène à vivre dans la précarité.
Les jeunes sont mis en marge, systématiquement stigmatisés, notamment lorsqu’ils vivent en banlieue, dans les quartiers populaires. Comme le dit, dans l’Humanité du mardi 19 janvier, Jean-Philippe Revel de la CGT, « les jeunes vivent au jour le jour. Ils ne craignent pas l’avenir, ils n’en ont pas ! »
Alors qu’ils sont l’avenir de toute société, et qu’ils devraient de ce fait être soutenus, valorisés dans leur généralité, dans leurs différences; en France ils sont au contraire mis à mal par le pouvoir en place qui brade l’éducation du secondaire au supérieur, qui fait passer des lois sur le logement de plus en plus contraignantes ne permettant pas aux jeunes d’avoir accès à un logement digne…
Le Mouvement Jeunes Communistes est de toutes les batailles, de tous les combats, lorsqu’il s’agit de dénoncer la précarité des jeunes, de dénoncer l’inégalité des femmes et des hommes. Mais dénoncer ne suffit jamais.
L’offensive lancée par l’UMP dès 2003 pour refonder le système français de formation est apparue comme le seul désengagement de l’État. Mais… comme pour les hôpitaux, les musées, et tant d’autres services publics, les gouvernements successifs ne se sont pas contentés de supprimer des postes, ils ont largement remanié les statuts et les missions des personnels, des lycées, des universités…
L’objectif final dépasse l’idée d’alléger les finances publiques. S’attaquer aux diplômes, aux contenus des formations, à la recherche, c’est modifier en profondeur et pour longtemps le monde du travail.
La disparition des diplômes au profit des livrets de compétences individualisés rendra chacun isolé face à l’employeur, dans l’incapacité de faire valoir la reconnaissance d’une formation reçue collectivement. L’appropriation des savoirs, de la recherche universitaire par le privé, permet de définir pour les seuls intérêts des actionnaires, les stratégies de développement économique et des territoires sur le long terme.
Pour relever la tête et refuser d’être « la génération sacrifiée » comme on nous présente déjà, nous affirmons la volonté d’être une jeunesse citoyenne et solidaire.
Les jeunes communistes portent la notion d’égalité- ixité, revendication à vivre ensemble dans le respect, dans la perpétuelle découverte de l’Autre.
Mais qu’il y ait aussi, pour tous, les moyens de découvrir et de partager nos différences, et c’est avec ces différences, en les acceptant, en les partageant, que nous construirons, ensemble, hommes et femmes, la région de demain.
Pendant la campagne des régionales, en mettant en avant nos batailles pour changer en priorité l’emploi, la formation et les transports pour changer la vie des jeunes, nous voulons construire de nouveaux droits qui sortent nos vies des logiques du capitalisme.
Par un système d’allocations qui sécurisent l’insertion professionnelle, par l’éradication des emplois précaires, par le droit de pouvoir choisir des formations de qualité et de maîtriser nos parcours de vie, par des transports publics gratuits pour les jeunes, nous voulons remettre la réponse aux besoins de chacun comme première perspective des politiques.
Nous pourrons interpeller ainsi directement sur les compétences des régions et permettre de voir au-delà. Les retraites, le million de chômeurs en fin de droits, l’exigence de solidarités et de liens entre les territoires, les besoins spécifiques des lieux de vie, seront autant d’occasion d’interpeller sur la finalité de nos activités : le travail, les formations, les services publics… C’est un sursaut vital pour les jeunes et pour l’ensemble du pays que l’UMP veut aujourd’hui fracturer.
Nicolas Bescond , coordinateur national du MJCF et Céline Mazeau, membre du conseil national du MJCF


















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