Politique énergétique? : le programme expérimental iter peut-il être une réponse? ?

L ’histoire de l’humanité est traversée par des recherches permanentes sur la production et l’utilisation des différentes formes d’énergie.
La hauteur des défis d’aujourd’hui appelle des réponses innovantes. C’est le cas du projet Iter, subventionné, entre autres, par la région Paca.
Dans notre pays, beaucoup n’ont pas accès au minimum énergétique et notre région dépend trop largement d’un approvisionnement électrique extérieur.
Au même titre que l’eau, la santé, l’alimentation, l’énergie, bien commun de l’humanité, est un moyen essentiel de réduction des inégalités. Répondre à la demande est donc légitime mais il faut le faire dans le respect des écosystèmes, dans la réduction des gaspillages, dans l’économie des ressources.
Ce sont des luttes politiques qui permettront de se libérer de la course à la rentabilité financière et de décider d’un nouveau mode de développement solidaire.
Pour y contribuer le PCF propose de créer une organisation mondiale de l’environnement, sous l’égide de l’ONU. Il faut aussi essayer, comme nous le proposons, d’être à l’initiative pour remplir les engagements de réduction d’émission de gaz à effet de serre sur lesquels doit s’engager la France (moins 40 % en 2020 par rapport à 1990), en déclarant cet objectif au niveau régional.
On en est encore loin? ! Il semble plus utile de s’unir pour y parvenir que de se diviser sur Iter. Les technologies en capacité d’atteindre cet objectif sont connues. Aucune source non productrice de gaz à effet de serre ne doit être écartée. Dans le cas contraire, c’est le réchauffement climatique qui nous menace.
C’est dans ce contexte et avec cette vision qu’Iter prend tout son sens. Ce projet (« le chemin » en latin) situé à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, est une étape pour la mise au point de l’énergie de fusion. Cette énergie permet au soleil et aux étoiles de produire de la lumière et de la chaleur depuis des milliards d’années.
Cette recherche a débuté il y a plus de trente ans, grâce à la coopération internationale. Elle a déjà fait faire de grands progrès sur les matériaux, la connaissance de la matière, etc. Il s’agit maintenant de démontrer qu’il est possible d’avoir un plasma qui produise dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme.
Cette « simple question », capitale pour l’avenir, nécessite dix ans de fabrication et vingt ans d’exploitation de la machine. C’est avec ces échelles de temps qu’il faut raisonner. Iter n’est pas un réacteur nucléaire. C’est un projet de recherche.
Certes, le budget est élevé mais il est infinitésimal par rapport à l’argent utilisé à la spéculation financière qui gangrène les peuples, les économies et les moyens indispensables à l’épanouissement humain. Mais comparé à bien d’autres dépenses, quelque 10 milliards d’euros sur quarante ans n’est pas démesuré. On compte la moitié pour la construction, l’autre moitié servira à la maintenance et au démantèlement de la machine.
La France contribue pour 735 millions d’euros, dont 467 millions pour les conseils généraux de la région Paca, la communauté du pays d’Aix et le conseil régional. Ce dernier, avec 152 millions d’euros, a construit une école internationale et aménagé une ligne ferroviaire.
Il faudrait compter aussi les retombées bénéfiques dans le domaine scientifique, économique et touristique.

La précédente majorité de gauche en région Paca avait subventionné à égalité le projet Iter et l’aide financière à l’introduction des énergies renouvelables.
La nouvelle majorité confirme les moyens engagés sans aller au-delà. Contrairement à ce que souhaiterait l’État qui, d’un côté, se désengage des actions publiques et veut réformer les collectivités locales pour limiter leur champ d’intervention et, de l’autre, veut faire financer ses projets par ces mêmes collectivités.
Iter est une aubaine pour la recherche ?dans les énergies nouvelles? ; c’est une aubaine pour l’économie de notre région. Mais que la communauté internationale et particulièrement européenne joue pleinement son rôle.
Rappelons enfin que, dans le cas d’Iter, la réaction de fusion ne peut pas provoquer d’explosion. Certes, il y aura des rejets gazeux et liquides après les traitements successifs.
Mais même dans les conditions les plus défavorables et à proximité du site, les personnes ne pourraient être exposées qu’à des doses maximales dix fois inférieures à la valeur réglementaire. Ce qui n’enlève rien à la nécessité de toujours poursuivre des études, des contrôles et de la prévention.
Dans ces conditions, il n’y a pas lieu de faire d’Iter un point de crispation et de division artificielle qui ressemble plus à du clientélisme électoral qu’à la volonté de construire.