L'augmentation des prix de produits de première nécessité comme le gaz, les salaires des fonctionnaires bloqués comme ceux du privé, la remise en cause des services publics, des collectivités sommées de prendre une part du déficit national, le projet sur les retraites où seuls les salariés vont payer, témoignent de la réalité de cette politique de rigueur.
Au lieu de s'attaquer aux spéculateurs, ils leur donnent des gages. Les marchés financiers se nourrissent de l'argent public et font les poches aux citoyens.

Quelles seraient, selon vous, les principales mesures à mettre en œuvre ?

J.C. Sandrier. La rigueur doit être pour les capitalistes qui font du fric sur le travail de tous. Il faut s'en prendre aux paradis fiscaux qui sont, on ne le dit pas assez, un vol organisé, presque légalisé.
Les rémunérations du capital doivent être non seulement taxées mais plafonnées. C'est indécent que des gens gagnent 15 % ou 20 % sur leurs placements alors que ce gouvernement demande aux salariés de se serrer la ceinture.
De même, nous proposons de taxer les transactions financières. Ainsi, nous dégagerons les moyens financiers pour résorber les déficits publics et répondre aux besoins des populations.

Comment jugez-vous le fait que de telles politiques soient annoncées au cour de l'été ?

J.C. Sandrier. Les mauvais coups se font toujours l'été. Le planning pour les retraites est un modèle du genre. Mais les dernières manifestations témoignent d'un fort potentiel de mobilisation.
J'espère que, dès septembre, celle-ci sera plus importante, d'autant que les citoyens sont de plus en plus nombreux à penser qu'ils sont en train de se faire gruger sur les retraites.
Faire ça au cour de l'été n'est pas un signe de force du gouvernement. Au contraire, cela témoigne des difficultés qu'il a à faire accepter son plan de rigueur.
Tout n'est pas joué, loin s'en faut. Toute leur politique peut être remise en cause. Je le dis souvent, en 1788, on ne savait pas que l'année suivante, on prendrait la Bastille.
En 1935, on ne savait pas qu'en 1936, il y aurait le Front populaire.
Alors, ayons confiance dans notre capacité à nous rassembler dans les luttes.
(source l'Humanité)