C’est 5 points de moins que la semaine dernière, c’est vrai, mais c’est considérable, ?et particulièrement quand le thème de l’essoufflement est répété à l’envi depuis ?une semaine environ.
Chacun sait toujours qu’il s’agit d’une bataille majeure et particulièrement âpre, même dans les enthousiasmes et les côtés joyeux des manifs. Non seulement parce que la retraite est un enjeu de civilisation, mais parce que c’est un affrontement direct avec ?le capital.
À la question de savoir si la France prend ?la voie du progrès social ou celle de la régression, ?si le futur doit être plus sombre et plus dur, s’ajoute celle qui est posée depuis des mois maintenant et qui l’a été ?dès 2009, avec les puissantes manifestations qui ont ?eu lieu face à la crise. Est-ce le capital qui doit conduire les peuples??
La réponse des Français, qui rappelle à certains égards celle qu’ils ont opposée à l’Europe de la libre concurrence, c’est non, et la crise financière lui a donné plus de profondeur encore.
Le Fouquet’s, les épisodes Woerth-Bettencourt, les parachutes dorés et les retraites somptuaires, les bonus des traders ont choqué l’opinion, mais il y a plus. Les rois de Wall Street et du CAC 40 sont nus désormais.
Aucun d’entre eux ne peut prétendre aujourd’hui qu’il agit pour le bien public. Et ce qui se dit dans la rue et dans les manifs, dans les conversations, c’est que Nicolas Sarkozy est nu lui aussi et qu’il est leur ami et leur serviteur.
Les syndicats restent unis. La CFDT a dénoncé vivement l’instrumentalisation «?inacceptable?» ?de ses propositions sur l’emploi des jeunes et des seniors que le gouvernement présente comme le signe qu’elle serait prête à passer à autre chose. L’intersyndicale doit se retrouver le 4?novembre et ses différents membres évoquent de nouvelles formes d’action.
L’autocollant ?«?Je lutte des classes?» continue à faire un tabac dans ?les manifs, car il exprime l’engagement intime de chacun, avec son intelligence et son cœur, dans cette grande bataille de notre temps. Nicolas Sarkozy, comme ?les marchés financiers, n’a toujours pas gagné.
Chacun sait toujours qu’il s’agit d’une bataille majeure ?et particulièrement âpre, même dans les enthousiasmes et les côtés joyeux des manifs.

Maurice Ulrich