Les grévistes luttent également pour l'embauche en CDI de plusieurs de leurs collègues en CDD.
Face à ces revendications et à la souffrance ressentie par nombre de postiers qui transparait aujourd'hui de manière dramatique à travers le rapport publié par les médecins de la prévention de la Poste, il est important que la direction accepte enfin de tenir immédiatement des négociations.
Pour l'instant, elle n'a répondu que par de nombreuses sanctions à l'encontre des grévistes, allant du blâme jusqu'à l'entretien préalable au licenciement, ainsi qu'en empêchant l'accès aux locaux (y compris aux non-grévistes).
Le chemin pris avec ces sanctions est inacceptable.
Ce n'est pas par la répression que la direction de la Poste doit répondre aux revendications des postiers, luttant simplement pour des conditions de travail acceptables.
Elle doit à tout prix retirer l'ensemble de ces sanctions et rouvrir les négociations avec les grévistes dans l'intérêt de tous.
Une solution pour ce conflit dans l’intérêt des usagers, des agents et de la Poste doit être rapidement trouvée.
Suppressions d'emplois, hausse de tarif : le gouvernement met à mal le service public et garde le cap sur la privatisation.Officiellement, la direction de La Poste prétend que cette augmentation va servir à financer le « service universel ».
Mais qui va payer pour ce service minimal de distribution du courrier dans tout le pays, 6 jours sur 7 ? Les usagers, les particuliers eux-mêmes! Les gros « clients » de La Poste, les grandes entreprises, sont, eux, totalement épargnés par l’augmentation.
Il ne faudrait pas qu’ils passent à la concurrence affirme La Poste.
Voilà une illustration de plus que le processus de marchandisation et de mise en concurrence, c’est toujours faire payer plus les "petits" pour le profit des "gros". On se doute que pour la direction de La Poste, on ne va pas en rester à 58 centimes.
Notre argent pour quoi faire ?
Pour continuer à préparer la privatisation et les profits des futurs actionnaires. De l'argent, La Poste en a déjà. Elle a réalisé 531 millions d’euros de bénéfices en 2009 (1,8 milliard d’excédent brut d’exploitation), sur ses usagers.
L’Etat et la Caisse des dépôts vont injecter plusieurs milliards d’euros à l’opérateur. C’est sous ce prétexte que La Poste a été transformée en société anonyme le 1er mars 2010.
Tout cet argent va servir à continuer à déstructurer la filière courrier, à supprimer les centres de tri départementaux, à financer la suppression de 50.000 emplois. Le coût du plan « Cap qualité courrier » est estimé à 3,4 milliards d’euros pour optimiser le profit en fonction sur les activités les plus rentables aux dépens du service public.
Cet argent va servir à fermer des bureaux de poste et des guichets. Le coût de la transformation de tous les bureaux est estimé à 600 millions d’euros.
Cet argent va servir à racheter des groupes financiers pour poursuivre la transformation de la Banque postale en banque spéculative comme les autres.
L’augmentation du prix du timbre n’est qu’une petite partie, mais très symbolique, de tout ce qu’usagers, nous payons en frais bancaires supplémentaires, en opérations nouvelles facturées, en dégradation du service, en temps perdu à faire la queue…
En 2009, sur une seule année, la direction de la Poste admet avoir détruit 8326 emplois en remplaçant moins de 3 départs sur 10 (dans le rapport social présenté le 17 juin 2010).
8326 chômeurs de plus, ce n'est pas un coût, ça, pour la société!
La dégradation des conditions de travail s’accélère, parfois dramatiquement.
L’opposition à la privatisation de La Poste est massive dans le pays comme les mobilisations de l’automne l’ont montré. Les agents de La Poste ont mené dans des dizaines de sites et de villes des luttes conséquentes contre les conséquences de cette politique de privatisation.
Les forces existent pour inverser ce processus, faire reculer la politique au service de l’argent.
Une grande victoire sur les retraites peut et doit débloquer les choses dès la rentrée.