L’injustice de ce budget réside aussi dans le fait de faire supporter aux ménages une hausse des impôts bien réelle alors que les plus riches continuent à bénéficier du bouclier fiscal. Autant de mesures, quelles que soient les arguties utilisées, qui génèreront au final, une baisse du pouvoir d’achat. Alors que la colère des salaries montent en Europe, ce budget s’inscrit totalement dans les politiques de rigueur et d’austérité à l’œuvre au sein de l’Union européenne.
Pour la CGT : « le développement économique et social créateur d’emplois et de richesse, et vecteur de la satisfaction des besoins sociaux, exige une toute autre conception du système fiscal. La CGT, aux côtés de tous les salariés, est déterminée à les combattre et à imposer d’autres choix. »
D’ici 2013, date à laquelle la France retrouverait la limite de 3,0% de déficit fixée par le traité de Maastricht, le pays réduirait ainsi son déficit public de quelque 100 milliards d'euros, soit l'effort d’austérité budgétaire le plus important réalisé dans le pays depuis au moins un demi-siècle. Au 7 milliards de dépenses coupées dès 2011, s’ajoute et 10 milliards de hausses d'impôts ciblées via des réductions de niches fiscales et sociales. Mais pas touche au bouclier fiscal !
Pas de taxation des revenus financiers (actions, dividendes, etc.) qui pourrait pourtant accroître les recettes de l’Etat ! Les dépenses de fonctionnement et d'intervention seront rognées de 5% dès l'an prochain, les collectivités locales subiront pendant trois ans le gel des dotations budgétaires de l'Etat, tandis que le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique continuera, avec à la clé 31.400 postes supprimés en 2011.
Le gouvernement table sur une croissance économique de 2,0% en 2011 (après 1,5% en 2010), une prévision encore trop optimiste aux yeux de nombreux économistes.
Les hypothèses retenues pour 2011 sont une inflation à 1,5%, un cours euro-dollar de 1,30 et un prix moyen du baril de pétrole à 80 dollars, une croissance de la masse salariale de 2,9% (avec 228.000 créations d'emplois). Pourtant le chômage est reparti à la hausse malgré le timide redémarrage de la croissance. Les économistes sérieux mettent en garde sur les conséquences des politiques d’austérité qui vont plomber la consommation donc la croissance.
Faute de s’attaquer à la dictature des marchés financiers, partout le spectre d’une croissance molle accompagnée d’une hausse du chômage hante les pays capitalistes. La France se soumet sans broncher aux exigences de l’Union Européenne. La trajectoire de réduction du déficit est en effet conforme aux engagements du programme de stabilité transmis par la France en janvier à ses partenaires européens.
La dette publique atteindrait 86,2% du PIB fin 2011. Le déficit public dans le collimateur des eurocrates de l’UE comprend le déficit de l'Etat, celui des comptes sociaux et celui des collectivités locales.
C’est au nom de la réduction du déficit public, gonflé au fil des ans par les cadeaux aux patronats et plus récemment par le renflouement des Banques par les Etats, que Sarkozy en France, A. Merkel en Allemagne, et les gouvernements socialistes en Grèce, en Espagne et au Portugal cassent les services publics, repoussent l’age de la retraites et démantèlent la protection sociale.
Une véritable politique de l’emploi et une réforme de la fiscalité s’en prenant au capital financier n’ont jamais été aussi nécessaires et urgentes. Le mouvement social doit faire entendre plus fort ces exigences incontournables pour toutes transformations sociales radicales.