Monsieur le Maire, Chers collègues, Mesdames, Messieurs,
Lorsqu’en 1992, ont été étendus aux régions et aux communes, les débats d’orientation, avant les votes des budgets, c’était pour favoriser la démocratie territoriale. L’objectif étant de permettre aux populations et à leurs élus de définir leurs priorités en amont des décisions, sachant que les budgets sont les actes politiques majeurs d’une collectivité comme la nôtre.
Bien que l’année 2011 soit au quart écoulée et le budget forcément bouclé, qui peut nier que notre débat de ce soir, à temps néanmoins chronométré, soit gros de futilité ?
A la lettre, la loi est respectée. Mais son esprit est bafoué. Trois mois et demi sans séance du conseil municipal dans une ville de 60 000 habitants, c’est en effet commode pour tenter d’écarter nos accusations sur votre trahison du suffrage universel et sur votre glissement de l’union de la gauche, que les clichois ont choisie, à l’union PS-Modem-Nouveau Centre que vous avez décidée.
Je doute toutefois que les clichois y trouvent leur compte. Ils risquent au contraire d’en subir les factures très salées. Pourquoi ? Parce qu’au lieu de vous tirer vers la gauche, comme avec plus ou moins de bonheur, nous le faisions au travers de notre apport aux luttes pour l’emploi, la justice sociale, les services publics et la démocratie, vous serez un peu plus poussés vers la droite et ses choix de régression.
Ne soyons pas naïfs, le Modem-Nouveau Centre participe au gouvernement Fillion-Sarkozy avec son ministre du Grand Paris et son garde des Sceaux. Et, si une majorité d’électeurs de Clichy et du pays boudent les urnes, c’est, pour la plupart d’entre eux, le signe d’un ras-le–bol de n’être pas écoutés. J’en veux pour preuve l’essence même de votre texte de présentation.
S’il déplore le désengagement financier de l’Etat et s’il craint les conséquences de la réforme de la fiscalité locale, il l’accepte néanmoins. S’il constate le nombre encore plus élevé de chômeurs clichois, (4644), et de bénéficiaires du R.S.A. (Revenu de Solidarité Active) (3112), il reste muet sur leurs causes.
S’il se félicite que Clichy possède 30 % de logements sociaux, il regrette l’insuffisant pourcentage de propriétaires contrairement à Levallois ou à Neuilly, au lieu de dénoncer la chute des crédits d’état pour le logement social, en dépit des attentes des 4 000 familles clichoises mal logées ! Je connais notamment deux clichois qui, malgré mes incessants courriers, ont attendu respectivement 12 et 13 ans pour enfin retrouver goût à la vie, grâce à leur relogement récent sur le contingent du préfet.
La bonne gestion ne consiste pas à s’accommoder des dégâts causés par une politique privilégiant les riches, mais à combattre les injustices, les inégalités, les angoisses et les détresses.
Pourquoi ne dites vous rien sur les 80 milliards de profits en 2010 du C.A.C. 40, dont la moitié est versée aux actionnaires ? Pourquoi taisez vous les 10,5 milliards de profits de Total, les 4 ,6 milliards de profits de GDF-Suez et les 2,2 milliards de profits de L’Oréal ? C’eût été plus pertinent, après leur discorde, que de nous émouvoir des embrassades mère-fille de la famille Bettencourt ? Les temps ne sont pas durs pour tout le monde !
Il faut le dire, le clamer, le marteler, afin de ne pas céder à l’inacceptable, à l’insupportable !
J’ai en tête avec l’emploi, la formation, les salaires, en premier lieu des jeunes, l’exigence des moyens d’état pour la sécurité des biens et des personnes, la défense et la modernisation de l’hôpital Beaujon, la réouverture du centre de secours des pompiers, le remboursement des surfacturations de chauffage urbain, le dédoublement de la ligne 13 du métro dont personne n’est capable de nous prouver qu’il n’est pas indispensable à l’amélioration des transports en commun, les mesures à prendre dans tous les domaines pour faire face au dérèglement climatique etc…. et puis, comment ne pas relever les appels actuels de votre parti, Monsieur le Maire, à la réindustriallisation, alors qu’en octobre dernier, ici même, vous avez dénigré notre action pour défendre l’industrie locale, dont nous avions toujours réclamé la modernisation et dénoncé ses délocalisations.
Ainsi, nous demeurons vos pestiférés préférés !
Enfin, pour conclure, nous avons noté avec un réel intérêt votre volonté de nous proposer un budget sans augmentation de la fiscalité locale.
De l’examen détaillé de ses différents chapitres et du sort qui sera réservé à nos requêtes, dépendra notre vote final de votre budget pour 2011. Le message est clair, puisse-t-il être entendu ?