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Les résultats de Clichy font apparaître une progression du Front de Gauche qui gagne 1,45 % et 163 voix dans la ville, malgré la forte abstention. Dans trois quartiers, il dépasse même les 9%.
Ce n’est donc pas toute la gauche qui s’effondre, mais le vote socialiste.

Comme dans le reste du pays, l’effondrement du PS est impressionnant : il perd 12,7 % et 1346 voix, malgré le soutien du maire G. Catoire. L’électorat populaire est souvent resté chez lui, et une partie importante a souhaité visiblement sanctionner le glissement à droite du PS et son ralliement au social libéralisme en Europe et en France.



A Clichy même, G. Catoire impose aux socialistes une orientation droitière : rupture de l’union de la gauche et éviction des maires-adjoints communistes, soutien à certains points de la Loi Boutin de casse du logement social (vente des HLM, surloyers), Plan Local d’Urbanisme s’intégrant dans les projets de Grand Paris avec des Tours géantes (refusées par 72% des clichois !), surdensification, déménagement des ateliers SNCF (350 emplois en jeu).

A l’heure ou la crise appelle un rassemblement de toutes les forces de gauche autour de réformes transformatrices s’attaquant au capitalisme lui même, c’est cette dérive à droite qui heurte l’électorat et le détourne du vote socialiste.
Dialogue Clichois propose une analyse de Philippe Marlière, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Londres,sur les conséquences de ce ralliement des socialistes au libéralisme (le Blairisme).

La cogestion nèolibérale sanctionnée

Selon une interprétation dominante des résultats de l’élection européenne, l’UMP et les Verts seraient les grands vainqueurs de ce scrutin.
En réalité, avec 27,87 % des voix, le parti sarkozyste et ses alliés sont minoritaires et isolés. Le rejet dont fait l’objet la politique du gouvernement, dans la rue , est confirmé dans les urnes.
L’UMP a progressé par rapport à l’élection de 2004 en siphonnant une partie des électorats du Modem et du FN, mais n’a pas mordu sur l’électorat de gauche. Le total des voix de droite n’a pratiquement pas varié :
il était de 8 427 807 (49,58 %) en 2004, contre 8 594 036 (49.91 %) en 2009.
(lire la suite de l'analyse de Ph. Marlière)