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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé mardi plusieurs mesures de lutte contre la pauvreté.
Réévaluation progressive du RSA et élargissement du droit d'accès à la CMU pour les soins des plus démunis sont les bienvenus.
La pauvreté touche maintenant 1 Français sur 8.
Certes on peut se réjouir de la volonté affichée par le gouvernement de vouloir combattre ce fléau .
Cette grande pauvreté ne tombe pas du ciel : elle est secrétée par le capitalisme qui fait primer la recherche du profit sur les besoins, la rentabilité sur le respect de la dignité. Plonger la France dans l'austérité, répondre aux attentes du MEDEF et des marchés financiers, comme le fait le Gouvernement, c'est ajouter la pauvreté à la pauvreté.
C'est contradictoire avec l'objectif proclamé de lutte contre la pauvreté.
Reste que la volonté affichée ne sert pas à grand chose si les moyens ne sont pas aux rendez-vous. Et hélas, il est à craindre que ce soit le cas.
Annoncer l'augmentation de 10% en 5 ans du RSA (ex RMI) ce n'est jamais qu'un retour au montant du RMI, équivalent à un demi SMIC lors de sa création. Ce rattrapage est insuffisant pour vivre dignement et ne met pas beaucoup plus de beurre dans les épinards !
De plus, faut-il rappeler que le financement du RSA est assuré par les Départements, qui comme les autres collectivités sont sommés de se serrer la ceinture et de réduire leurs dépenses ? Certes le Gouvernement dira qu'il compensera à travers ses dotations aux départements.
Mais l'expérience montre que quand compensation il y a, elle s'effectue à un moment t et n'est plus réajustée à la hausse, les années suivantes, quand le nombre de bénéficiaires vient à exploser. Gare aux transferts de charge! Cela revient à faire financer de plus en plus la solidarité nationale, non plus par l'Etat mais par les ménages via les impôts locaux.
Quels engagements précis vis à vis des conseils généraux prendra le Gouvernement ? Il faudra, avec les élus PCF/FDG se montrer vigilant, sur cette question.