Daniel_Bensaid.jpg
Dialogue Clichois, publie aujourd'hui une réflexion du philosophe marxiste Daniel Bensaïd.
Pour les européennes, le choix du philosophe ne fut pas le vote Front de Gauche, mais le vote NPA. On sait aussi combien Besançenot reste le chouchou des médias et bénéficie d'un a apriori sympathique, et même d'une complaisance suspecte de la presse bourgeoise et des TV, tenues par l'adversaire de classe, contrairement aux communistes systématiquement boycottés par ces mêmes médias.
Ce phénomène curieux mériterait d'attirer l'attention de D. Bensaïd.
Ce texte de D. Bensaïd, paru dans Politis, peut utilement nourrir la réflexion à gauche sur la nécessité du rassemblement, dans les luttes et dans les urnes, de tous ceux qui veulent en finir avec le capitalisme.
Il reste aussi que la lutte de classe - sur le terrain et dans les urnes- et le rassemblement de haut niveau nécessaire ne saurait être circonscrits à la gauche de la gauche. C'est bien l'ensemble des gens se reconnaissant dans la gauche et les progressistes qu'il convient, sans sectarisme, de rassembler sur des objectifs de haut niveau. Un rassemblement non politicien, autour de réformes transformatrices s'attaquant à la logique du capitalisme.

Daniel Bensaïd

"Le capitalisme ? « On peut comprendre que les gens n’y croient plus ! », confesse Tony Blair en personne1. Quand on cesse de croire à l’incroyable, une crise de légitimité, idéologique et morale, s’ajoute à la crise sociale. Elle finit par ébranler l’ordre politique. La crise actuelle, la crise du présent, n’est pas une crise de plus, qui s’ajouterait à celles des marchés asiatiques ou de la bulle Internet.

Crise de foi

C’est une crise historique - économique, sociale, écologique - de la loi de la valeur, une crise de la mesure et de la démesure. La mesure de toute chose par le temps de travail abstrait est devenue, ainsi que Marx l’annonçait dans les Manuscrits de 1857, une mesure « misérable » des rapports sociaux. « Les deux crises économique et planétaire ont un point commun, constate Nicholas Stern, auteur en 2006 d’un rapport sur l’économie du changement climatique.
( lire la suite de l'article de Daniel Bensaïd)