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Anicet Le Pors, conseiller d'Etat, fut un grand ministre communiste de la Fonction publique en 1981, on lui doit de grandes avancées comme le statut de la fonction publique territoriale. Il est l'auteur d'un remarquable Que sais-je sur la citoyenneté. Dialogue Clichois publie cette réflexion sur la laïcité.
La laïcité est aujourd’hui mise en difficulté de droite comme de gauche.
Certains éprouvent le besoin de la qualifier de « positive », d’ « ouverte », de « raisonnée », comme si elle n’avait été jusque là que négative, fermée et fantaisiste. D’autres suggèrent qu’il y aurait plusieurs laïcités possibles : autoritaire, séparatiste, anticléricale et que chacun pourrait retenir l’acception qui lui conviendrait.
Sous différents angles, c’est le principe de laïcité que l’on dénature par volonté délibérée ou renoncement idéologique. Comment s’étonner dans ces conditions que le Front national, jusque-là soutien inconditionnel de l’intégrisme catholique, fasse irruption sur un terrain aussi mal entretenu pour dénoncer, au nom de la laïcité, l’ « islamisation » de la France, stimulant du même coup les pulsions anti-laïques des divers communautarismes ?
Il convient, dans ces conditions, de rappeler tout d’abord que la laïcité n’est pas affaire de circonstances. Le principe à émergé en France d’une sécularisation progressive du pouvoir politique, d’un détachement d’avec le Ciel consacré par la Révolution française.