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Jean-Luc Mélenchon, ancien ministre de Lionel Jospin et soutien de Ségolène Royal dans sa course précédente à l'investiture présidentielle, vient de quitter le Parti socialiste pour créer le Parti de Gauche.
Pour les Européennes, le nouveau parti de Mélenchon a rejoint le Front de Gauche, proposé par le PCF. Député de l'Essonne, le leader du PG conduira la liste du Front de Gauche dans le Sud-Ouest.
En Ile de France, Raquel Garrido (PG) figurera en seconde position derrière Patrick Le Hyaric, le directeur de l'Humanité.

J.L. Mélenchon, qui sait de quoi il en retourne, se montre très sévère avec ses anciens camarades : "On ne peut pas être contre les délocalisations et signer le traité de Lisbonne, déclare-il. «Le traité de Lisbonne est d'un archaïsme absolu (…) il a été conçu pour la politique des puissants (…) et s'applique aux pauvres diables. On ne peut pas défendre les services publics et accepter ce traité."

Les Français ont voté NON au référendum sur le Traité Constitutionnel, y compris la majorité des électeurs socialistes, alors que le PS a fait campagne pour le Oui. A l'image de G. Catoire, le maire de Clichy, chaud partisan du Oui, qui a été désavoué par les clichois à cette occasion, lesquels ont majoritairement voter NON à cette Europe du capital.
"Membre des instances nationales du PS, explique Raquel Garrido, j'ai vécu la spirale vers le fond qui a frappé le PS suite à son soutien au Traité constitutionnel européen et qui s'est manifesté avec un triste éclat à l'occasion du congrès de Reims(...) Je n'ai pu que constater que c'est le PS qui a permis le vote du Traité de Lisbonne par voie législative pour contourner le vote populaire."
"Dans le Sud-Ouest, note J.L. Mélenchon, sur 18 départements, 18 ont voté non au référendum constitutionnel, et tous les députés socialistes européens ont approuvé le traité de Lisbonne qui en est le succédané. Vous avez été trahis !"
C'est un fait et une contradiction : alors que l'électorat socialiste y est hostile, la plupart des députés socialistes ont, comme la droite et le Modem, ratifié le traité de Lisbonne qui est en réalité le clone du Traité repoussé par le réferendum.

J.L.. Mélenchon reproche aux gouvernements sociaux-démocrates européens de "gouverner avec la droite" et de présenter par exemple prochainement un rapport pour "démanteler les services publics d'électricité".

"Qui le présente? un travailliste anglais", s'indigne-t-il, ajoutant que "les sociaux-démocrates allemands gouvernent avec la droite, les sociaux-démocrates hollandais gouvernent avec la droite, tous ces gens vont chanter en choeur les louanges de l'Europe (...) ça n'a rien à voir avec la gauche", a déclaré le sénateur de l'Essonne.
En choisissant le vote pour le Front de Gauche, les électeurs clichois, auront la possibilité d'émettre un vote cohérent avec leur NON, de faire élire des députés qui les défendent contre les directives libérales et d'exiger une réorientation profonde de la construction européenne, pour mettre cette dernière, non plus aux services des marchés financiers, mais du développement humain et de la qualité environnementale.