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Les usagers et les personnels de l'Hôtel-Dieu ont manifesté pour le maintien des urgences dans leur Hôpital.
A s'obstiner à faire prévaloir une logique comptable sur une logique médicale d'accès aux soins pour tous, les services d'urgences des Hôpitaux de l'AP-HP sont menacés de fermeture dans beaucoup d'endroits.
A Paris, comme à Clichy.
Plusieurs centaines de manifestants, personnel et usagers, sont venus défendre mercredi, à l'appel de la CGT de l’AP-HP, le maintien du service des urgences de l'Hôtel-Dieu, le plus ancien hôpital de la capitale.
Le service des urgences a pourtant accueilli 43 000 patients en 2011. Plusieurs services ont déjà été transférés à l'hôpital Cochin (XIVe arr).
La mort lente de l’Hôtel-Dieu n’est plus un mystère.
Depuis le début de l’année, les signaux négatifs se succèdent, annonçant à chaque fois la fin proche ou annoncée d’un nouveau service.
Du fait de structures d’accueil inadaptées et vétustes, l’Hôtel-Dieu doit subir une reconversion ou une rénovation.
En raison d’un coût estimé à 1 milliard d’euros pour une éventuelle rénovation, l’AP-HP (Assistance publique - hôpitaux de Paris) dirigée par le socialiste Jean-Marie Le Guen, adjoint au maire de Paris et président du conseil de surveillance de l’AP-HP, a choisi la première solution, moins coûteuse, mais qui implique la fin de l’Hôtel-Dieu en tant que grand hôpital de proximité du centre-ville.
"Nous nous opposons à la décision de la Commission médicale d'établissement (CME) de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) qui a récemment voté la "fermeture progressive" des urgences de l'Hôtel-Dieu. Il faut déconnecter la question financière de l'offre de soin aux patients", a déclaré Rosemay Rousseau de l'Usap CGT.
Au total, les urgences (ophtalmologiques, médico-judiciaires et médico-chirurgicales) "accueillent 300 malades par jour, elles servent à quelque chose! Or, ce ne sont pas les médecins qui veulent les fermer mais des personnalités externes", a précisé Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'Hôtel-Dieu.
Parmi les personnalités venues apporter leur soutien, figurait l'urgentiste Patrick Pelloux. "Cette fermeture, ce sont des milliers de malades qu'il faudra basculer sur d'autres sites, tous saturés avec plusieurs heures d'attente pour les malades", a-t-il déclaré.
Le cortège s'est dirigé vers l'Hôtel de ville afin d'interpeller le maire de Paris Bertrand Delanoë qui s'était prononcé fin octobre "personnellement très attaché" au maintien des urgences de l'Hôtel-Dieu.