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Stéphane Bonnery, chercheur en Sciences de l'éducation et animateur du Réseau Ecole du PCF revient sur les divergences de fond avec J.L. Mélenchon sur les questions de l'Ecole.
Ce dernier fait dans la simple contestation de l'existant, s'oppose au collège unique et s'avère incapable de porter une alternative réelle pour l'école de la réussite.
A l'inverse André Chassaigne s'appuie sur la nécessité d'une nouvelle phase de démocratisation scolaire.
Voici l'analyse de S. Bonnery...
Nos enfants vivent dans un monde où la maitrise des savoirs, des connaissances et des informations joue un rôle central - bien plus qu’autrefois- dans la vie citoyenne et professionnelle : dès lors, comment les préparer à vivre dans ce monde-là ?
C’est une révolution informationnelle qui est en marche et qui va aller en se développant toujours plus. Elle pose de multiples questions et provoque des contradictions dans le système.
Pour gérer ces contradictions et sauver le système, les tenants du capitalisme accélèrent leur stratégie de captation du développement des savoirs et des besoins de formation en reconfigurant le salariat en plusieurs catégories très distinctes.
Ils veulent ainsi :
- conduire 50% d’une génération à bac+3 mais en raréfiant dans la formation les contenus théoriques et scientifiques permettant d’aller au-delà du bac+3 (le niveau de sortie n’étant plus un diplôme mais une liste de compétences individuelles dont la reconnaissance dépendra de la négociation avec l’employeur) ; il s’agit d’accroître le nombre des exploitables à bac+3 ;
- réserver à une petite minorité d’héritiers, dès le plus jeune âge, la préparation aux études très longues au-delà du bac+3 ;
- limiter les autres à une scolarité minimale (socle commun, partie réduite des programmes) qui ne prépare pas à entrer en lycée et au-delà. Les enfants de familles populaires seront prioritairement concernés.