Communiqué du PCF

"Dimanche avait lieu à Mayotte une consultation portant sur la départementalisation de l’île.
La plupart des Français ont appris hier seulement que la France compterait maintenant 101 départements. En réalité, c’est un coup de force au regard du droit international. Comme l’a affirmé sans cesse l’ONU depuis l’accession à l’indépendance, les Comores sont constituées de quatre îles, dont Mayotte, illégalement occupée par le France. Les Comoriens des quatre îles sont d’un même peuple, c’est pourquoi ceux qui sont retenus dans des conditions indignes de notre république au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Mayotte ne sont pas des étrangers, ni des clandestins.

Il ne peut y avoir de règlement de la question Comorienne par l’annexion, la séparation, la répression. La départementalisation imposée au pas de charge par Sarkozy va dresser un mur entre des hommes et des femmes d’un même peuple, en coupant davantage encore Mayotte de l’archipel des Comores.

De plus, les évènements intervenues en Guadeloupe et à la Martinique montrent que la voie de la départementalisation ne s’impose nul part comme la voie indispensable pour dénouer les rapports coloniaux et assurer le développement. Pour le PCF, cette consultation s’est tenue au mépris du droit et de la raison. Aucun débat digne de ce nom n’a eu lieu en France, ni même à Mayotte où un verrouillage inquiétant du débat s’est fait sentir. Les partisans du Oui ont d’ailleurs montré une étonnante agressivité et refusé tout débat véritable.

Pour lePCF, il faut substituer à la balkanisation actuelle un développement nouveau de la coopération. La France a certes des devoirs envers les Mahorais, mais elle en a tout autant à l’égard de l’ensembles de Comoriens. Sans nier les responsabilités particulières de la France à Mayotte, notre pays et l’Europe doivent peser de tout leur poids pour des investissements sur les quatre îles en matière d’éducation, de santé, et en matière de développement. C’est là une conception réellement progressiste du rôle de la France et de l’Europe dans le monde.
C’est la voie de l’avenir, de la paix et de la fraternité."