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Sous la direction de l’Élysée, le projet de réforme du statut de La Poste va connaître une nouvelle avancée au cours du mois de juillet.
En effet, c’est à cette date que le projet de loi réformant le statut de l’entreprise publique sera soumis au Conseil des ministres. Le gouvernement veut aller vite en la matière. Ainsi, l’examen du texte débuterait cet automne au Sénat.

L’objectif officiel est d’ouvrir à la concurrence le secteur postal d’ici le 1er janvier 2011, conformément aux injonctions de la troisième directive postale. Adopté le 20 février 2008, ce texte européen prévoit la libéralisation totale des marchés postaux européens pour 2010.

S’appuyant sur ce fait, le gouvernement prévoit notamment de modifier le statut juridique de La Poste, bien qu’il n’y soit pas contraint. Aujourd’hui établissement public industriel et commercial (EPCI), le service postal serait assuré par une société anonyme.
Pour temporiser les contestations, le gouvernement assure que le capital social de l’entreprise serait détenu à 100% par l’État ou par des investisseurs publics. Pour combien de temps et pour quelles garanties sur le service public ce système sera-t-il mis en oeuvre ?
Nous connaissons l’expérience de France Télécom, EDF et GDF. Déjà nous voyons monter une réduction du nombre de lever du courrier, d’ouverture des bureaux ou encore de facteurs non remplacés ou par des intérimaires…

La fermeture des agences postales et leur transformation en « point contact », privent de nombreux territoires d’un service public de qualité. Les considérations locales et l’intérêt général sont mis de côté aux motifs de la « nécessaire » réalisation d’économies.

Un plan de départ de 200 à 300 salariés a d’ailleurs été annoncé à la mi-juin par la direction de l’entreprise. Motif invoqué : une réduction des coûts en 2009 sur la branche courrier.
Seul un postier sur cinq, contre un sur deux précédemment, sera remplacé selon la direction. Missions et emplois publics sont menacés.
De nombreux élus ont déjà contesté les critères de réorganisation territoriale de La Poste aujourd’hui à l’oeuvre.
Des pétitions circulent d’ailleurs aux quatre coins de l’hexagone. Quelle situation connaîtrons-nous quand les règles de la concurrence s’imposeront pleinement au service public postal ?
Pourrons-nous toujours parler de service public si les objectifs de rentabilité priment sur la qualité des services rendus au public ?

La mobilisation collective des postiers, usagers et des élus a déjà poussé le gouvernement à reporter le vote du projet de modification du statut de La Poste prévu initialement avant l’été.
Alors que les syndicats n’ont pas réussi à s’entendre sur un mot d’ordre commun de retrait du texte, une majorité d’entre eux s’accorde à dire que les initiatives réunissant syndicalistes, usagers et élus doivent se multiplier durant tout l’été.
André Chassaigne et les députés communistes et du Parti de Gauche ont ainsi déposé le 18 juin une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur la politique de présence territoriale de La Poste.