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Le rapport Cotis de l’INSEE sur le partage de la valeur ajoutée, vient d’être remis au premier ministre. Ce rapport est bien obligé de mettre en évidence ce que dénoncent le PCF et les syndicats, à savoir la montée des prélèvements opérés par les actionnaires sur la valeur ajoutée.
Mais ses conclusions les plus discutables confortent l’idéologie dominante et la position patronale, et sont d’ores et déjà utilisées contre le mouvement social.
Ce rapport Cotis montre que, au cours du demi-siècle écoulé, le partage de la valeur ajoutée a évolué au détriment des revenus du travail. La part de la valeur ajoutée consacrée aux salaires est passée de 75 % en 1982 à 67 % aujourd’hui. Encore faut-il préciser que, dans la masse salariale, les très hauts salaires sont les seuls à progresser de façon vertigineuse. Ce rapport confirme donc l'accroissement des inégalités salariales.
Cela signifie que la part des richesses créées revenant aux travailleurs est proportionnellement de moins en moins importante. La CGT chiffre ce manque à gagner annuel pour les salariés à 62 milliards d’euros. En revanche, depuis 20 ans, les dividendes ont explosé.
Le montant de ces prélèvements parasites sur l‘excédent brut d’exploitation (EBE = le résultat d’exploitation une fois payés les salaires et les impôts) est maintenant de 25 %.
C’est même un véritable siphonnage de la valeur ajoutée par les dividendes des actionnaires, au détriment des salaires et de l’autofinancement des entreprises qui est constaté : ceux-ci ont quasiment quintuplé depuis 1993.
Ainsi au fil des ans, le versement des dividendes et les intérêts des emprunts réalisés sur les marchés financiers, accroissent les charges financières des entreprises. Ce sont ces charges financières-là qu’il faut réduire et non les salaires et les cotisations sociales patronales qui eux sont utiles et contribuent à la croissance.
Mais le rapport Cotis va être utilisée par Sarkozy et le MEDEF pour gruger les salariés en prétendant qu’il faudrait cotiser moins pour gagner plus ! Mais qui financerait alors les retraites, la maladie, les allocations ?

Lire l'entretien avec Nasser Mansouri, responsables des activités économiques à la CGT.