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À la veille du traité de Maastricht, les partisans de la monnaie unique, surtout à gauche, présentaient son adoption comme un moyen simple et évident d’échapper à l’emprise des marchés?: « Supprimez la lire, la peseta, le franc, le Deutsche Mark, et vous supprimerez automatiquement la spéculation contre les monnaies européennes… »
Vingt ans après, la spéculation n’a pas disparu?: elle vise maintenant l’euro et le dollar. La dictature des marchés financiers n’a jamais été aussi forte, elle va jusqu’à menacer l’existence de l’euro lui-même?!
Loin de se réduire, la fracture entre une Allemagne dominatrice et des économies « périphériques », vulnérables à tous les aléas de la crise, n’a fait que s’accentuer avec la perte des marges de manœuvre procurées par les possibilités d’ajustement à la hausse ou à la baisse des monnaies.
Devant l’impasse évidente de la construction monétaire actuelle, voici revenir, surtout à l’extrême droite mais aussi parfois à gauche, la tentation de solutions apparemment simples et évidentes?: «?Sortons de l’euro, et nous échapperons ainsi aux pressions des marchés financiers?!?»
Cette tentation est aussi illusoire que l’autre.